Une rubrique pour se distraire ! Notre ami Léon raconte.

Je me souviens de mon entrée dans la marine. Cul-terreux de Picardie, je ne savais même pas comment faire; c'est un camarade qui m'a donné l'adresse où écrire. J'ai, alors, été convoqué à Paris, 15 rue Laborde pour y passer les examens d'entrée: visite médicale et contrôle des bagages. On m'a dit, qu'avec le niveau qui était le mien je pouvais choisir entre les spécialités de radio, radariste ou pilote. J'ai choisi pilote parce que je croyais que c'était pour faire entrer les bâteaux dans les ports. A l'époque, le centre de formation Marine était à Pont Réan près de Rennes. Quelle n'a pas été ma surprise d'être convoqué pour aller à Hourtin (je ne connaissais même pas l'existence de ce lieu). Partis de Paris, nous étions quatre à avoir sympathisé dans le train et c'est très naturellement que nous avons déjeuné dans un petit restaurant de Bordeaux et c'est là qu'un des 4 m'a indiqué qu'il s'agissait de l'Aéronavale et que pilote, c'était pour "conduire des avions". Surpris mais heureux. Nos étions 16 candidats au cours de pilote qui avait lieu à Pensacola (Floride) et finalement, les Américains n'en n'ont accepté que 12; mon classement était insuffisant pour que j'en fasse partie et je me suis rabattu sur la spécialité de radariste. Au retour d'indochine (mais c'est une autre histoire) j'ai eu l'opportunité de faire un cours de pilote mais j'étais pour me marier avec Paulette et je me suis dégonflé d'avoir à la quitter pour le cours qui avait lieu à Meknès. Léon.
Lorsque je suis arrivé en Indochine avec la 3 F de bombardement en piqué (SB2C5 Hell Diver) sur le porte-avions ARROMANCHES, les vols n'avaient lieu que de jour et les radars embarqués étaient inutiles (comme ils étaient accrochés sous une aile, en les ayant démontés, on gagnait une place pour une bombe supplémentaire). Les radaristes devenus inutiles, on m'a affecté au corps de débarquement. A ce titre, en novembre 1951, j'ai participé à un exercice de débarquement avec les commandos de Ponchardier avec un LCVP. J'étais "caporal voltigeur" et à ce titre, je me suis trouvé assez éloigné de ma section. Pataugeant dans les arroyos, je me suis subitement trouvé dans une petite clairière d'une quinzaine de mètres de diamètre. Moi à un bout et un  Vietnamien à l'autre; moi avec ma mitraillette sur le ventre lui avec la sienne sur le sien. De surprise et de peur, j'étais paralysé; lui, il a laissé tomber sa Stein et s'est sauvé sans que je puisse réagir. Du coup, je suis rentré avec une "prise de guerre" qui, normalement, aurait dû me valoir la croix de guerre TOE qu'on m'a promise mais que je n'ai jamais eue. Cet événement, ne fait l'objet d'aucun document d'archives. Pas grave!!!!